lundi 4 février 2008

Les syndicats de l’Education réclament l’ouverture du dossier des œuvres sociales
Des centaines de milliards disparus
El Khabar, 3 février 2008
Plusieurs importantes représentations syndicales du secteur de l’Education ont sollicité les autorités centrales à intervenir, et ouvrir le dossier des fonds des œuvres sociales, considéré jusque là comme un tabou.Elles ont appelé, à l’unanimité, le Conseil de Comptabilité à intervenir et à analyser les comptes pour établir un bilan détaillé sur les cotisations des employés estimées à des centaines de milliards.Parmi les scandales qui ont entouré la gestion des cotisations des employés, on trouve la disparition de 50 milliards de centimes, que la commission a décidé de déposer auprès de la banque Khalifa dissoute. Cet argent s’est évaporé à l’instar de l’argent des épargnants qui ont été victimes du plus grand scandale bancaire de l’histoire de l’Algérie. Cela a emmené plusieurs syndicats à introduire des actions en justice contre les responsables de la perte de ces fonds, « néanmoins nous n’avions pas pu le faire parce que nous étions confrontés à l’obstacle de l’extinction de l’action par prescription », les représentants des syndicats ont déclaré.Le porte- parole officiel de la Coordination Nationale des Syndicats Autonomes de la Fonction Publique a ajouté, dans le même cadre : « nous n’avions pas trouvé un moyen pour révéler ce qui se passe avec notre argent, et pour briser le monopole non justifié du syndicat de l’Union qui a imposé sur nous des retenus sur salaires. Nous avons essayé de présenter le problème au ministère de l’Education, cependant les responsables de ce dernier ont dit qu’ils ne sont pas concernés par la question, et qu’ils ne peuvent pas intervenir ».03-02-2008Par M. Derki/ Rubrique Traduction
Commentaire: Le problème des fonds des oeuvres sociales est un facteur extrêmement révélateur des pratiques des "responsables" de l'UGTA. Ces fonds, très importants, prélevés sur la masse salariale versée par l'employeur, appartiennent aux salariés et sont gérés par leurs représentants, en l'occurrence les délégués syndicaux. Ces fonds sont destinés à financer des oeuvres sociales, comme les colonies de vacances, les obsèques, les naissances, les mariages, le hadj etc.. Or dans la réalité, et petit à petit, jusqu'à atteindre une totale mise à sac, ces fonds devinrent la propriété des responsables de l'UGTA qui y puisèrent sans compter, ouvertement et sans craindre quiconque. L'exemple le plus spectaculaire est celui des Caisses de sécurité sociale où les fonds, en plus de l'affaire Khalifa, ont servi à construire des villas, à financer des affaires et autres petites combines de responsables de l'UGTA. Les fonds des oeuvres sociales, particulièrement sous Sidi Saïd, devinrent une sorte de caisse noire à la disposition des patrons de l'UGTA et servaient à celle-ci pour corrompre les délégués les plus remuants. Le comble est que les autorités politiques, sécuritaires, judiciaires, administratives et même les employeurs, sont parfaitement au courant de ces graves détournements de l'argent des salariés, mais personne n'ose inquiéter ces voleurs, qui ont détourné à leur profit et à celui qui tiennent l'Algérie l'historique syndicat des Algériens. Un syndicat devenu un puissant outil de surveillance et de répression des travailleurs. En échange d'une partie de la tarte, prise directement sur la victime.
D.B

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